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Informations Psy

1. Mal-être, angoisse, problèmes sexuels, relationnels, dépressifs, ...
Par Jean Luc PIRLET, Bruxelles et Liège, 2011.

2. La psychanalyse peut-elle m'aider à me libérer ?
Par David SAHYOUN, Beyrouth, 2006.

3. Tu quitteras ton père et ta mère.
Par Claude (♀) HALMOS, Paris, 2000.

4. Mon psychanalyste veut-il mon bien ?
Par Jean Luc PIRLET, Bruxelles et Liège, 2008.

5. Les « psy », comment s'y retrouver ?
Par Jean Luc PIRLET, Bruxelles et Liège, 2011.



Mal-être, angoisse, problèmes sexuels, relationnels, dépressifs, ...

par Jean Luc PIRLET, Bruxelles - Liège, 2011



Ce texte est destiné aux personnes qui vivent un problème sexuel, relationnel, dépressif, familial, de couple ou autre, angoisse, traumatisme, mal-être,...
Souffrance à laquelle s'ajoutent qu'on ne comprend pas les causes, qu'on ne comprend pas pourquoi ça dure ou ça se répète et qu'on se demande comment en sortir.

En bref, quelques points, en mots non scientifiques, qui puissent faire faire un pas en avant.


Les causes.

Les problèmes cités n'ont pas tous la même cause.
Cependant, ils ont tous en commun d'avoir leur origine et leur développement, non pas au niveau de l'organique (les organes du corps) mais bien au niveau du psychisme, du mental, de l'inconscient. L'inconscient contrairement aux organes ne se localise pas.
On le connaît par ses effets : rêves, lapsus, actes manqués, mots d'esprit et par les souffrances liées aux problèmes cités.


Ca dure et ça se répète.

Le temps n'a rien à voir à l'affaire dans la mesure ou l'inconscient, « lieu d'origine des problèmes cités », ne connaît pas le temps chronologique (le temps qui passe) mais a ses temps logiques propres.
Quelque chose revient sans cesse, à l'insu (malgré soi) et insiste.
L'inconscient, « lieu d'origine des problèmes cités », ne connaît pas la logique habituelle dite « cartésienne » mais a sa logique propre.
Qui, concerné, n'a déjà fait soi-même, en vain, divers essais pour résoudre ses problèmes ?


Comment en sortir ?

Tenir compte déjà des spécificités mentionnées ci-dessus renseigne qu'il y a tout lieu d'aller rencontrer, consulter, quelqu'un de spécialisé dans ce domaine.

Encore faut-il ajouter que formé, ayant fait des études, sérieux, etc., ne suffit pas.
Les particularités de l'inconscient supposent et imposent au professionnel de la santé, en outre, avant tout et surtout, d'avoir fait un travail et de continuer à faire un travail sur son propre inconscient (une psychanalyse personnelle, entre autres).

C'est en cela que les psychothérapeutes analytiques et les psychanalystes sont des personnes spécifiquement adéquates pour l'écoute et l'accompagnement des personnes dans les problèmes cités, leur questionnement, leur vérité et dans un gain de mieux-être et de liberté pour soi-même.
A noter : ceci ne veut pas dire « faire une psychanalyse » ; même si cela peut arriver.


Pour un problème somatique, consulter un médecin.
En cas d’urgence : Service 112 – Télé-Accueil : 107.

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La psychanalyse peut-elle m'aider à me libérer ?

par David SAHYOUN, Beyrouth, 2006



Ce texte du Psychanalyste David SAHYOUN est reproduit intégralement du site www.Squiggle.be© (voir la page Liens dans le Menu principal).


Souvent, face à des étudiants auxquels je présente la compréhension psychanalytique de la psyché, je rencontre toutes sortes de regards : ceux dans lesquels brille une étincelle qui m'informe que ma parole a rencontré un écho intérieur, ceux qui expriment du scepticisme, de l'incrédulité ou carrément de l'hostilité.

Mon désir étant de leur communiquer mes convictions, je me dis que, peut-être, la meilleure manière serait de leur rendre la psychanalyse sensible, de leur démontrer que les découvertes psychanalytiques suscitent l'interrogation sur le sens non seulement de notre existence individuelle mais aussi sur le sens de notre place dans la cité.

Ce sens-là n'est pas le plus apparent, il est relié à l'histoire intime de chacun, histoire inscrite dans une transmission générationnelle et culturelle. Cette compréhension ne se limite pas à l'ici et maintenant, elle prend en compte les déterminismes enfouis dans notre inconscient et qui, à notre insu, nous gouvernent et orientent notre pensée, nos sentiments, nos actions. Ils constituent un savoir inconscient, la vérité de notre être.
Ce que j'en fais dépend de moi : je peux vivre en les ignorant mais eux ne m'ignoreront pas et me dirigeront en dépit de ma volonté. Mais je peux aussi me dire que je ne parviendrais à être moi-même que si je tente de lever le voile sur quelques uns de ces déterminismes dans le but de m'en affranchir, de ne plus être aveuglément soumis ? C'est ce choix-là que propose la psychanalyse et c'est par là qu'elle expose sa vision de l'homme.

Par cette démarche clarificatrice, la psychanalyse fournit à l'individu le moyen, s'il le désire, d'apprendre à vivre plus librement, de se découvrir en tant que sujet unique, apte à déjouer les tentatives de son propre psychisme à répéter les expériences malheureuses ou à demeurer dans la dépendance aux objets illusoires, quel que soit l'aspect que ces objet peuvent prendre. Cette démarche analytique ne relève pas uniquement du rapport de l'individu à son psychisme propre mais aussi à son environnement. Elle lui permet de réfléchir sur sa conduite en tant que citoyen face aux forces économiques, politiques, culturelles qui cherchent à le rendre étranger à lui-même mais identique à tous ceux qui se soumettent aux objectifs d'uniformisation que ces forces cherchent à imposer. Sur ce plan, la psychanalyse combat les tentatives de soumettre les hommes et les femmes, de les réduire à leur fonctionnement de consommateurs dociles de produits façonnés par ceux qui prétendent savoir mieux qu'eux ce qui leur convient. C'est cet engagement, avec sa conséquence l'acquisition de la liberté, qui effraient les contempteurs de la psychanalyse.

Léo Ferré s'est tu, Brel est au musée, Dali est devenu une légende, Prévert s'apprend comme un pensum. On n'entend plus grand monde se révolter contre l'injustice quotidienne, contre le conformisme étouffant dans lequel la société s'installe, plus personne ne chante la tendresse, n'accepte de reconnaître le droit de pleurer de tristesse. Notre époque nous propose de nous séduire avec le culte de la jouissance narcissique et veut faire de nous des consommateurs de pensées addictées à une vision normative, formatées par un idéal neuro-scientiste ou socio-économique qui cherche à rabaisser la psychanalyse. Les moments affectifs difficiles ne sont plus tolérés, l'agitation, la révolte sont bannis : un médicament est inventé pour chacun de ces « troubles » et leur impose un silence chimique. Maintenant, cela peut commencer très tôt, dès l'âge de 3 ans. « Le meilleur des mondes » d'Aldous Huxley est en bonne voie !

Le discours psychanalytique ne reproduit pas un effet de mode. Inscrite dans la culture, la psychanalyse est surtout concernée par l'intrapsychique qui, quels que soient les bouleversements extérieurs auxquels il est confronté, reste régi par l'alternance des processus primaires (caractéristiques de l'activité de l'inconscient) et des processus secondaires (utilisés dans l'adaptation à la réalité extérieure). La structure de notre personnalité est issue de cette double opération et fait d'un individu un être singulier, distinct de tous les autres. C'est cette originalité de l'individu que la psychanalyse et les psychanalystes défendent, son droit à penser différemment, à demeurer à l'écoute de sa subjectivité, de l'imaginaire et à persévérer dans son effort continuel visant à lui permettre d'advenir à son désir, c'est-à-dire à devenir un sujet libre parce que sujet de l'inconscient.

Cette noble tâche résiste au temps, aux assauts de toutes sortes et mérite d'être absolument sauvegardée.

Beyrouth, le 8 avril 2006

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Tu quitteras ton père et ta mère

par Claude HALMOS, Paris, 2000



Ce texte de la Psychanalyste Claude HALMOS est reproduit intégralement de la rubrique Famille du site www.psychologies.com©.

Sommaire

  • Peur d'entrer dans la vie
  • Autonomie de pensée
  • Autonomie réelle
  • Salvateur : Le coup de pouce


« Bonjour, je voudrais un rendez-vous pour mon fils.
- Quel âge a-t-il, Madame ?
- 20 ans.
- 20 ans ? Dans ce cas, il faut qu'il me téléphone lui-même. »

La rencontre entre le psychanalyste et les jeunes adultes commence parfois ainsi , et il arrive qu'elle s'arrête là, le parent ne supportant pas que l'on refuse son assistance. Quand elle se poursuit – parce que les intéressés rappellent pour prendre rendez-vous eux-mêmes – on se rend compte que, loin d'un simple incident, cette suite de coups de fils marque véritablement le début de leur thérapie. L'exigence du psychanalyste a en effet pour eux une portée symbolique : elle leur signifie qu'il sont en âge de parler en leur nom. De plus, elle fait surgir, d'emblée, le décalage qui existe dans leur vie entre ce qu'ils sont -des adultes- et l'image qui leur est donnée d'eux dans leur famille. Décalage qui - la suite de la thérapie le prouve - est souvent au cœur de leurs difficultés.


Peur d'entrer dans la vie

S'ils consultent pour des souffrances différentes et s'ils ont, chacun, une histoire particulière, ces jeunes adultes ont souvent un point commun : une peur d'entrer dans la vie qui les conduit à un repli sur leur famille, laquelle, croyant les aider, l'accepte. A tort, car ils se trouvent dès lors installés à l'écart du mouvement de la vie, dans une sorte de temps arrêté et ne peuvent de ce fait qu'aller de plus en plus mal.
La vie humaine est ainsi faite qu'elle comporte des échéances qu'il faut respecter. Avoir un biberon pour goûter à l'âge où les copains croquent du chocolat, rouler en poussette à 6 ans, est, pour un enfant, générateur de symptômes. Car pour se conformer au désir de ses parents, ou à ce qu'il croit tel (« Si maman me porte, c'est qu'elle veut que je reste un bébé »), il est contraint de se refuser à lui-même le droit d'avancer à son rythme. Il freine son développement, inhibe ses facultés intellectuelles et devient ainsi l'otage d'un double déséquilibre :
- déséquilibre entre son corps et son psychisme, puisqu'il utilise son intelligence pour ramer à contre-courant de la vie qui pousse en lui ;
- déséquilibre entre lui et les autres enfants de sa classe d'âge, qui signe son isolement.


Ce qui vaut pour la petite enfance vaut aussi pour la suite. Si l'on pose que devenir adulte, c'est devenir l'égal de ses parents - définition de bon sens que l'on oublie trop souvent – il devient clair que mener une vie d'adolescent « chez papa et chez maman » alors que l'on a largement dépassé l'âge de la majorité sociale, ou rester dépendant d'eux alors que l'on serait capable de s'assumer économiquement et d'avoir une véritable vie sociale, relationnelle et sexuelle, ne peut qu'être invalidant.

« Tu quitteras ton père et ta mère », disait déjà la Genèse (1). Si naître au monde implique de se séparer du corps de sa mère, naître à la vie adulte ne peut se faire sans quitter le sein de sa famille. Quelle qu'elle soit, aussi aimante et tolérante soit-elle, les êtres humains sont comme les bâtiments : ils ont besoin d'appuis pendant leur construction, mais on ne peut les déclarer « construits » que lorsqu'ils tiennent debout sans étayage. Et ce, sur tous les plans.
(1) Citation reprise par le psychanalyste Philippe Julien en titre de son livre Tu quitteras ton père et ta mère, Aubier-Flammarion, 2000.


Autonomie de pensée

Quitter son père et sa mère , c'est d'abord les quitter dans sa tête. Se détacher de leur influence, prendre le risque de penser par soi-même, de décider soi-même de ce que l'on juge « bien » et « pas bien ». Cela ne va pas de soi, et les difficultés qui se manifestent à 20 ans renvoient souvent à ce qui s'est passé bien avant. Les parents ont, en effet, sur leur enfant un pouvoir immense, car c'est à travers eux qu'il construit à la fois ;
- l'image qu'il a de lui-même. Il ne peut avoir confiance en lui que si ses géniteurs accordent du crédit à ses opinions ;
- et l'image qu'il a des autres. Des parents qui se posent comme « ne se trompant jamais » induisent chez leur enfant l'idée que « l'autre » est, par essence, infaillible.
Devenus adultes, ils ne peuvent donc que croire le combat perdu d'avance : « C'est incroyable ! je pense toujours que c'est moi qui me trompe ! ».

De plus, l'enfant lui-même, au cours de son développement psychique, donne à ses parents une place prépondérante. Au début de sa vie, le nourrisson, centré sur lui-même, n'a d'autre idéal que lui-même. Mais, peu à peu, sa toute-puissance déclinant, il investit d'autres idéaux et ses parents sont le premier qu'il choisit. C'est l'âge - considéré par certains parents comme « béni » - où tous les papas sont « les plus forts » et les mamans « les plus belles ».

L'idylle, cependant, ne dure pas. Rencontrant d'autres adultes, l'enfant les compare à ses parents et, dans certains cas, les trouve même « mieux » qu'eux. Au point d'en arriver à bâtir ce que Freud appelle un « roman familial » : l'enfant nie sa véritable origine et s'invente d'autres parents. Il s'imagine adopté, fils naturel de rois ou de guerriers. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cela ne signifie pas pour autant qu'il se détache de l'idée de « parent idéal ». Au contraire, car - Freud le souligne – il ne fait que doter ces parents imaginaires des qualités qu'il prêtait autrefois - avant sa désillusion - à ses parents réels.

Parallèlement, l'enfant découvre dans la société d'autre idéaux, des valeurs, des héros. Ils lui servent d'exemple et le poussent à se perfectionner : c'est la mise en place de ce que la théorie freudienne nomme « idéal du moi ». Ce cheminement le mène à l'adolescence où, de façon souvent violente, il rejette les valeurs de ses parents pour essayer de trouver les siennes, acquérant ainsi un début d'autonomie de pensée, qu'il pourra développer par la suite. Malheureusement, on le sait, certains adolescents ne parviennent pas à faire cette crise d'adolescence. Ils restent collés à leur famille et le découvrent parfois dans la douleur, vingt ans plus tard sur un divan : « C'est horrible, tout ce que j'ai fait dans ma vie, c'était pour faire plaisir à mes parents. ».


Autonomie réelle

Ceux qui parviennent à la « crise » ne sont pas pour autant au bout du chemin, car l'autonomie « dans la tête » ne suffit pas. Pour devenir adulte, il faut aussi quitter ses parents dans la réalité. Pour au moins deux raisons. Parce que l'interdit de l'inceste impose à chacun de trouver ses partenaires sexuels hors du cercle familial. Le respect de cet interdit permet que la société se perpétue. Il permet aussi l'épanouissement des individus. Ainsi nombre de problèmes relationnels et sexuels des jeunes adultes se résolvent quand ils se donnent le droit d'avoir une « vie privée » hors du toit familial et sans « confidences » systématiques à leurs parents ; parce que condition de la vie sexuelle, l'émancipation est également celle de la vie sociale.

Tous les parents ne réussissent pas à pousser leur enfant vers la vie adulte, car cela équivaut pour eux à se priver d'un certain type de rapport avec lui, à faire le deuil, à la fois, de « lui enfant » et de « eux plus jeunes ». Ce deuil, difficile pour les parents, l'est encore plus pour ceux qui, leurs enfants partis, se retrouvent devant le vide. Parce que, sans le savoir, ils se sont servis de leur fonction parentale comme d'un alibi pour faire l'économie de vivre.

Si l'on n'a pas d'amis, pas de passions, pas de vie sexuelle et pas de vie sociale ; si, comme au jeu des sept familles, on n'a plus d'autre identité que celle du « père » ou de la « mère » dans la famille Untel, il est difficile de laisser partir ses enfants. D'autant que ces derniers – qui le sentent – savent fort bien « se fabriquer » les symptômes qu'il faut pour que soit remise à plus tard leur entrée dans la vie...


Salvateur : Le coup de pouce

Exister dans la société, c'est pouvoir y être seul et s'y débrouiller sans que personne ne vous tienne la main et ne parle de vous. Cette autonomie sociale est essentielle aux « jeunes » car elle est pour eux la seule preuve vraiment définitive qu'ils ont atteint les rives du monde des adultes. Mais ils ne peuvent y parvenir sans peur et sans avoir, parfois, envie de reculer. D'où l'importance qu'ils aient, à ce moment-là, des parents capables de les pousser à avancer, à affronter leur peur : « Cesse de tergiverser, vas-y ! ». Ce coup de pouce des parents, ils en contestent souvent l'apparente dureté, mais l'expérience prouve qu'ils le vivent toujours comme une marque de confiance ; si le maître-nageur vous pousse à retirer votre bouée, c'est qu'il est sûr que vous savez nager.

Décembre 2000.

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Mon psychanalyste veut-il mon bien ?

par Jean Luc PIRLET, Bruxelles - Liège, 2008



Note : Comme le texte de David SAHYOUN, il s'agit ici d'un texte paru sur le site Squiggle.be©, site où « aux questions du grand public répondent des psychanalystes francophones issus de différents pays et associations ».

Visité par plus de 8.000 personnes dès les deux premières années de sa parution, ce texte est présenté ci-dessous avec quelques très légères modifications.


J'ai rencontré la question sous des formulations diverses au cours de séances de psychanalyses.
Avec pertinence. Les analysants ont bien des motifs de se poser cette question. Au mot bien sont attachées des connotations différentes : le bien-être, l'argent, l'amour,... L'analyste me veut-il quelque chose, que me veut-il, veut-il mon argent, veut-il mon amour, me veut-il sexuellement, veut-il mon bien-être et pourquoi alors ? Entre autres.
Ces questions concernent le désir et la jouissance de l'autre.


Quelques éléments de réponse...


La psychanalyse s'invente. Elle se vit.

Il ne me semble pas inutile de préciser certaines règles de la psychanalyse qui concernent explicitement l'analysant.
La règle principale : la libre parole, la libre association ; dire ce qui vient comme ça vient.
Des règles cadres : le lieu, l'horaire, la fréquence des séances, les séances manquées, les honoraires.
Face à face ou divan relève du cas par cas.

Par ailleurs qu'est-il attendu, entre autres et diversement, du psychanalyste : qu'il en sache quelque chose ; qu'il ait fait une analyse personnelle, qu'il ait été ou soit en supervision, qu'il travaille avec d'autres dans une Association, Ecole ou Société analytique ; qu'il ne déroge pas à l'éthique et aux règles de la psychanalyse et qu'il soit un pas en avant dans le travail mené avec l'analysant.

L'analysant peut tout dire.
Il peut tout interroger. Y compris, notez !, ce qu'il entend de ce qu'il dit.
Et, si je ne dis rien à propos de moi-même, comme tout analyste, c'est, entre autres, que l'analysant est déjà bien assez encombré avec ses affaires et ne vient pas pour autre chose que ses propres affaires. Il vient pour soi-même.

Le psychanalyste tient la place de sujet supposé savoir, assure le transfert et son maintien et la direction de la cure.
Ce qui suppose déjà :
- Respect de l'analysant et du travail qu'il mène.
- Absence de préjugés et de jugements.
- Pas de substitution à l'analysant ou d'ingérence dans sa vie et dans ses choix.

Les motifs de consultation avec lesquels l'on vient me rencontrer sont très souvent des problèmes sexuels, affectifs et relationnels.
Les personnes qui viennent veulent que ça s'arrête : la souffrance ou ce qui insiste.

C'est la personne choisie pour soutenir la parole de celle ou celui qui vient consulter avec sa demande et sa souffrance, c'est la personne choisie qui fera la différence.

Je m'arrête sur un point particulier qui concerne l'inconscient qui, je le rappelle, est l'objet de la psychanalyse.

Comment l'analysant n'aurait-il pas à l'esprit - et il l'a -, à un moment ou un autre, consciemment ou inconsciemment, cette phrase, cette petite voix -à peine audible- qu'il prête à celui qu'il vient rencontrer :
« Je veux votre bien. ...Et je l'aurai ! » ?

Je ne m'improvise pas psychanalyste ; objet d'un long parcours, avec d'autres, avec des contraintes, avec des (re)mises en question permanentes. Et mon inconscient, d'analyste... ? Le plus grand travail et la plus grande attention permanents concernant son propre inconscient sont des contraintes obligées et constitutives du parcours et de la position de psychanalyste. Il s'agit que je puisse entendre et lire au plus librement et de mon côté et du côté de l'analysant et dans ce qui se passe ou ne se passe pas entre les deux.

L'analyste ne veut pas votre bien. (Prenez bien le temps de lire la suite.)
Non qu'il n'y ait pas écoute bienveillante de sa part.
Bien sûr, elle existe.
Mais je sais, par ma propre analyse personnelle, par ma formation théorique et par ma pratique d'analyste que vouloir votre bien est un obstacle de l'inconscient qui empêchera le travail qui accompagne quelqu'un dans son propre cheminement vers un mieux-être (n'oublions pas ce qui l'amène), vers sa vérité, vers un gain de liberté pour lui-même.

Voilà en quoi on peut dire que l'analyste ne veut pas votre bien.
Ca vient dire qu'il vous accompagne de façon professionnelle pertinente et adéquate.
Avec total respect de votre démarche.

Je reconnais les règles de l'analyse, m'y soumets moi aussi, sachant de quoi elles se fondent et ce qu'elles permettent : la place de l'analysant comme être parlant, demandant, manquant, désirant, ... Comme acteur et sujet advenant.

Je note encore : la rigueur du travail analytique n'est pas synonyme de rigidité.
La création, l'adaptation et l'invention fondées, n'empêchent pas la rigueur – voire lui donnent consistance- et évitent la rigidité.

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Les « psy », comment s'y retrouver ?

par Jean Luc PIRLET, Bruxelles - Liège, 2011



Psychologie, psychothérapie, psychiatrie, psychanalyse, ...
Psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste, ...
Comment s'y retrouver dans tous ces termes ?


La psychiatrie qui diagnostique, traite et tente de prévenir les maladies mentales, les troubles psychiques est une spécialisation médicale pratiquée par le psychiatre qui est un médecin.
Il est le seul à pouvoir prescrire des médicaments.
Rien ne l'empêche de poursuivre d'autres études, d'autres formations et de devenir, par exemple, psychothérapeute ou psychanalyste.
Le titre de psychiatre est protégé par la loi et les actes posés par celui-ci sont, en Belgique, remboursés partiellement par la sécurité sociale (la mutuelle).

La psychologie désigne l'étude scientifique des faits psychiques et des comportements. Elle est divisée en de nombreuses branches (psychologie sociale, différentielle, expérimentale, clinique, cognitive, comportementale, animale, ...).
Elle s'attache à décrire, évaluer et expliquer les processus mentaux.
Le psychologue peut donc être un professionnel du fonctionnement psychique et des psychopathologies du comportement humain, de la personnalité et des relations interpersonnelles. Il intervient dans tous les domaines de la société.
Rien ne l'empêche de poursuivre d'autres études, d'autres formations et de devenir, par exemple, psychothérapeute ou psychanalyste.
Le titre de psychologue (ceux qui ont fait les études de psychologie) est, en Belgique, protégé par la loi. Celle-ci ne prévoit pas de remboursement des actes posés par les psychologues.

La psychanalyse (terme inventé par Freud en 1896) est fondée sur l'exploration de l'inconscient à l'aide de la libre association (exprimer sans discrimination toutes les pensées qui viennent à l'esprit) du côté de l'analysant et de l'interprétation du côté du psychanalyste.
Par extension : a) traitement conduit selon cette méthode ; b) théorie (en tant qu'elle comprend une méthode thérapeutique, une organisation clinique, une technique psychanalytique, une modalité de transmission du savoir prenant appui sur le transfert et permettant de former des praticiens de l'inconscient) ; c) mouvement psychanalytique.
Etre psychanalyste, suppose avoir fait une psychanalyse personnelle, avoir été ou être en supervision, s'autoriser de soi-même et être reconnu « de quelques autres ».
Les psychanalystes sont en général, au départ, avant une longue formation jamais finie, psychiatres, psychologues, philosophes, criminologues, assistants sociaux, etc.
Il n'y a pas, en Belgique, de titre de psychanalyste protégé par la loi et celle-ci ne prévoit pas de remboursement des actes posés par les psychanalystes.

La psychothérapie est une méthode de traitement des maladies psychiques utilisant comme moyen thérapeutique la relation entre le thérapeute et le consultant.
En 2000, il y a environ mille écoles de psychothérapie dans le monde. Toutes « descendent » de la psychanalyse. Si certaines ont acquis une notoriété (thérapie analytique, analyse transactionnelle, thérapie systémique, ...) d'autres sont à éviter absolument et la majorité meurent d'elles-mêmes.
Les psychothérapeutes ont ou n'ont pas de formations de base et ont des formations spécifiques très différentes.
Il n'y a pas, en Belgique, de titre de psychothérapeute protégé par la loi et celle-ci ne prévoit pas de remboursement des actes posés par les psychothérapeutes.

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